Géologie

A Capo Rama même, les roches affleurantes appartiennent à l’extrémité occidentale d’une chaîne de montagnes appelée « Monte di Palermo ». Essentiellement composées de calcaires et de dolomies datant du Trias supérieur/Lias inférieur, elles ont été soulevées par les orogenèses successives. Puis leur exposition tant aux eaux de pluie qu’aux embruns marins, a eu pour conséquence l’apparition de nombreux phénomènes karstiques.

La morphologie du territoire est caractérisée par des falaises rocheuses surplombant la mer en moyenne de 35 m. Sous l’effet de la mer elles régressent lentement, tout en modifiant progressivement leur aspect. A la base on distingue nettement le creux consécutif à l’érosion continue des vagues.

Parmi la succession des strates géologiques visibles sur le pan vertical de la falaise située derrière la tour, on relève 3 faciès bien distincts, correspondant à des conditions de sédimentation différentes, lesquelles se sont succédées:

1° des calcaires dolomitiques à mégalodontes, contenant des fossiles de gros lamellibranches (Megalodon gümbeli et Dicerocardium s.p.) ainsi que de nombreux gastéropodes et coraux, témoignant d’un environnement lagunaire aux eaux calmes, situé en retrait d’une barrière récifale, mais ayant des contacts fréquents avec la mer ouverte;

2° de la dolomie stromatologique et loftérique, composée d’algues (stromatolites) et de débris issus de phénomènes d’érosion (loftérites), issue d’un environnement littoral sujet à des périodes d’émersion pendant lesquelles on constate des processus d’assèchement accompagnés de dépôt de fossiles transportés par des agents atmosphériques;

3° de la brêche loftérique, formée à la suite de phénomènes d’altération de sédiments littoraux et exposée pendant de longues périodes aux agents atmosphériques.

A Capo Rama les roches calcaires sont d’origine marine. Elles contiennent les restes fossiles des organismes qui vivaient à l’époque de la sédimentation.

D’après le contenu en fossiles, composé de coquillages, coraux, algues, brachiopodes et bien d’autres organismes, il est possible de déterminer les conditions environnementales et l’âge du dépôt au moment de sa formation.

Les microfossiles, ainsi que le grand lamellibranche Megalodon Gümbeli permettent d’attribuer les roches de Capo Rama au Trias (Norico), datant d’environ 200 millions d’années. On peut y observer dans la roche des coupes de ces mollusques bivalves aujourd’hui éteints et minéralisés. La présence du mégalodon – fossile guide typique de cette période géologique – indique que la sédimentation s’est opérée jadis en milieu lagunaire, à l’arrière d’une barre récifale, caractéristique d’une mer peu profonde et à hydrodynamique faible. Il devrait s’agir d’un milieu assez similaire à celui que nous connaissons aujourd’hui sur les atolls de formation corallienne dans les mers subtropicales.

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