Artefacts historiques

A l’extrême pointe du promontoire de Capo Rama s’élance l’ancienne tour de signalisation. Elle constitue un témoin silencieux de la tentative de prévenir les désastreuses incursions des pirates turco barbaresques et des corsaires, dont le but était de piller la population côtière.
Typique du XVe siècle, la tour de Capo Rama a été parmi les premières édifiées dans le Golfe de Castellamare, voire dans toute la Sicile. Il s’agit aussi de la construction la plus ancienne existante sur la Commune de Terrasini. En 1405 le Roi de Sicile Jean le Jeune projetait dans les plans de fortification de la côte sicilienne, la construction d’une tour à Capo Rama, reconnaissant ainsi la valeur stratégique du site. Elle était située à l’extrémité occidentale d’un système de 11 tours de signalisation, conçu pour la défense de la ville de Palerme. Elle était en relation visuelle avec les Torre Alba et Molinazzo vers le nord-est, avec celle de Toleda ou Paternella vers le sud-ouest, mais pouvait également communiquer avec d’autres positions le long du littoral et dans les terres.

A l’intérieur, deux observateurs se relayaient, trois pendant des périodes plus critiques. Ils étaient rémunérés par le Sénat palermitain. La tour de Capo Rama est restée occupée pendant quatre siècles, au cours desquels elle a rempli les fonctions d’observatoire et de poste de signalisation face aux périls venant de la mer. Au travers d’écrits historiques, nous apprenons que cette tour –à la différence de celles de la fin du XVIe siècle, et selon les indications de l’architecte Camillo Camilliani- n’a jamais été équipée de pièces d’artillerie. Sa structure physique n’était pas du tout apte à supporter le poids et les sollicitations dynamiques des canons de cette époque.
La tour a été construite en mœllons calcaires irréguliers d’origine locale, avec des petits flipots en rangs concentriques et parallèles, cimentés avec une gâche de mortier et de sable. Le toit consistait en une voûte en berceau (dammuso) en tuf façonné et crépi. Le tout s’élèvait à 2 étages au-dessus du sol mais s’articulait sur 3 niveaux: la base qui consistait en une citerne, un premier étage avec une pièce circulaire et la terrasse (astracu), d’où partaient les signaux de fumée ou de feu (fani).
Il y avait deux baies à hauteur du premier étage: l’une tournée vers la mer, l’autre vers l’intérieur; cette dernière servait aussi de porte d’entrée, à laquelle on accédait par une échelle en bois rétractable.
Fortification Seconde Guerre mondiale
Sur la côte, près du promontoire de Capo Rama, se trouve un poste d’observation côtier (POC) construit pendant la Seconde Guerre mondiale.
Il s’agit d’un poste circulaire à arme unique dont les caractéristiques sont plus celles d’un poste de contrôle et de surveillance que celles d’une première ligne de défense, comme les autres postes similaires situés le long de la côte tyrrhénienne de l’île.
Ce poste, de par son type de construction, était apte à faire face à d’éventuels débarquements mais pas à les arrêter longtemps en attendant des unités mobiles de renfort ; il n’est pas, en effet, structurellement adapté à l’épreuve du gros calibre, ni apte à soutenir une résistance acharnée jusqu’au bout (A. Albergoni, 2006. L’architecture militaire fortifiée dans la région de Palerme 1940-1943).
