La Flora

La végétation constitue un système dynamique en constante évolution. En fonction des facteurs physiques et biotiques présents dans la zone, elle cherche à atteindre sa complexité maximale sur le plan floristique potentiel, comme sur le plan physionomico-structurel.
Ensuite, les mécanismes écologiques se mettent en place progressivement, avec l’avènement d’une phytocénose (associations végétales) de plus en plus riche au gré de l’évolution des facteurs physiques –surtout pédologiques- et des facteurs biotiques.
Les falaises, soumises à l’aérosol marin, l’ensoleillement, le vent et, à certaines périodes, aux embruns, sont colonisées par une phytocénose halophile où dominent la salicorne ligneuse ou corail de mer (Arthrocnemum fruticosus) et l’arroche pourpière (Halimione portulacoides), tandis qu’entre Cala Rossa et la Grotte dei Nassi, nous rencontrons avant tout les saladelles ou lavandes de mer (Limonium s.p.), le crithme maritime ou perce-pierre (Crithmum maritimum), le jonc aigu (Juncus acutus), le pavot cornu (Glaucium flavum).
Dans le maquis, on atteint la complexité floristique maximale d’un milieu bien ensoleillé, lequel se caractérise par une sécheresse estivale. En l’absence de toute strate arborée, sa structure découle de l’équilibre entre arbustes sclérophiles et espèces herbagères. Cette végétation se retrouve en retrait du milieu halophile et se prolonge parfois tout au long des tracés côtiers soumis à des vents riches en embruns salins.
Ici, l’espèce dominante est le palmier nain (Chamaerops humilis), seul palmier endémique d’Europe. C’est un ensemble touffu qui s’étend sur 5 ha. autour de la tour de Capo Rama, tandis qu’aux alentours, la densité se fait plus discontinue.
A la palmeraie sont associées des espèces comme le pistachier lentisque (Pistacia lentiscus), la germandrée ligneuse (Teucrium fruticans), le thé sicilien (Prasium majus), l’asperge à feuilles aigues (Asparagus acutifolius) et l’asperge sauvage ou épineuse (Asparagus stipularis).
Au sein de ce maquis se trouvent également des petits espaces de prairie dégradée, occupés par une végétation herbacée annuelle subhalofile comme la Scille d’automne (Scilla autumnalis), le stipe du Cap (Stipa capensis), le crocus à longues fleurs (Crocus longiflorus), la pâquerette annuelle (Bellis annua), l’évax nain (Evax pygmea), l’iris sisyrhinque ou iris des pauvres (Gynandrisis sisyrinchium) et la romulée de Linares (Romulea linaresii, subsp. linaresii).
Les maquis plus distants de la mer sont caractérisés par l’olivier sauvage (Olea europea var. sylvestris) et l’euphorbe arborescente (Euphorbia dendroïdes).

Cette formation se complète notamment par le palmier nain (Chamærops humilis), l’uvette (Ephedra fragilis), l’asperge sauvage ou épineuse (Asparagus stipularis), la germandrée ligneuse (Teucrium fruticans) et le filaria à feuilles étroites (Phyllirea angustifolia).
Ces espèces ont un port arbustif et gardent leurs feuilles toute l’année, sauf l’euphorbe qui les perd en été. Cette plante xérophile domine les milieux rupestres et semi rupestres, étant dotées d’un système radiculaire lui permettant de s’adapter à des conditions difficiles et de s’implanter sur des affleurements rocheux dégradés.
